L’empathie comme une fin, ou comme un moyen ?

Voici un article que j’ai rédigé pour la revue Revue d’Homéopathie, édité par le Fédération Nationale des Sociétés Médicales Homéopathiques de France

L’étude du comportement animal, et se faisant de l’intelligence animale, a pris aujourd’hui une dimension nouvelle. Depuis que les chercheurs dans ce domaine ont cessé de s’interdire l’affectivité dans leur regard. Ces chercheurs, en identifiant individuellement les animaux, en ont fait enfin des sujets. Ils ont vu en identifiant des individus que leur comportement pouvait influencer le groupe. Ils ont découvert l’existence d’une subjectivité et d’une individualité animale. Les travaux de Jane Goodall sur les grands singes ont bouleversé le grand public et modifier définitivement notre regard sur eux.

 

Certains comme Frans de Waal, le célèbre primatologue, vont même plus loin en acceptant l’anthropomorphisme non plus comme un danger dans l’observation mais comme nécessaire : « La proximité des animaux donne envie de les comprendre, pas seulement en partie, mais en totalité. Elle nous amène à nous demander ce qui se passe dans leur tête, tout en réalisant bien que la réponse ne peut être qu’approximative. Pour cela, nous utilisons tous les outils à disposition, y compris l’extrapolation à partir du comportement humain. L’anthropomorphisme est donc non seulement inévitable, il représente un outil puissant. »

 

Je suis intimement convaincu que la prochaine étape décisive après la sortie des laboratoires, sera pour les « savants » de faire tomber un autre mur, celui qui les sépare des hommes qui vivent avec les animaux. Écouter nos éleveurs parler de leurs animaux domestiques, parler de leurs bêtes ouvrira un champ d’étude inexploré à ces chercheurs qui trouveront à leurs portes, dans leurs campagnes, les réponses qu’ils vont chercher parfois très loin.

Notre rôle, en tant que vétérinaire homéopathe, est d’aider les éleveurs à « redécouvrir  » l’empathie qu’ils ont pour leurs animaux afin de les observer en tant que sujets.

 

Après des décennies pendant lesquelles, le mot d’ordre était : « vous êtes des producteurs et des gestionnaires ! », est venu le temps où la société, qui a demandé à ces éleveurs de produire au plus bas coût sans chercher à savoir comment, se retourne vers eux, accusatrice, et leur demande de penser : écologie, éthique, compassion, etc…

Cette demande semble se heurter à des obstacles qui ne sont pas ceux décrits par les médias. Les éleveurs, ceux que je connais, ne demandent rien de mieux qu’élever dans le sens le plus noble du terme. Mais, les qualités que cela requièrent furent tellement  considérées comme « futiles » dans l’agriculture « moderne » qu’il était de bon ton de s’en abstenir.

Le cas de cette vache est à ce titre intéressant : je soigne depuis 2 jours, chez M. C., une vache de race montbéliarde pour une mammite colibacillaire. Ces mammites, nommées parfois mammites paralysantes, sont en effet très graves. La toxine secrétée par ce colibacille, « bloque » le calcium sanguin, provoquant ainsi une hypocalcémie avec les conséquences inhérentes : hypothermie, faiblesse, anorexie, paralysie. La vache restant couchée, l’issue peut être fatale.

Son état ne fait qu’empirer malgré l’antibiothérapie mise en place (ampicilline + colistine), l’injection d’anti-inflammatoire (finadyne N.D), la calcithérapie (perfusion de Calcium) et une solution de sérum physiologique (Na Cl) en perfusion permanente.

Aujourd’hui, la vache est couchée, elle essaie de se lever mais n’en a pas la force et retombe. Elle se déshydrate très vite malgré la perfusion. Il faut dire qu’elle refuse de boire depuis 2 jours. La mammite concerne les deux quartiers arrière et le lait est transformé en eau sale.

Je demande à l’éleveur s’il a noté d’autres choses. C’est sa femme qui me répond : « Je crois qu’elle veut qu’on reste avec elle ». C’est-à-dire ?

« Elle gémit comme pour nous demander de rester. »

Le lait transformé en eau, la faiblesse paralytique, l’absence de soif, la déshydratation, ces symptômes sont intéressants mais ils sont assez communs dans ce type de situation.

En revanche, c’est ce que dit l’épouse de l’éleveur qui va me permettre de choisir le bon remède : le désir de compagnie et les gémissements pendant la fièvre.

 

L’ensemble me fait donc choisir Pulsatilla. Il sera donné en 9 ch toutes les trois heures par l’éleveur. Le lendemain, la vache se relevait et commençait à manger, mais plus étonnant encore, 2 jours plus tard le lait était redevenu normal.

Il est certain que sans la qualité d’observation de cette femme (il faut toujours demander aux femmes leur avis, elles hésitent moins à livrer leur sentiment), sans cette capacité à ressentir le besoin de compagnie de cette vache à ce moment, et cette simplicité pour l’exprimer, je n’aurais pas su choisir le remède.

Alors oui, cette vache ressentait le besoin d’une présence auprès d’elle, oui elle l’exprimait par ses gémissements, et cette femme a su entendre ce désir de lien voire d’affection.

Là encore, dans l’agriculture « moderne », ces qualités d’observation n’étaient pas nécessaires. Pourtant, c’est ces qualités qui ont fait pendant des siècles la qualité de l’Eleveur ! Elles sont toujours là, enfouies. Lorsque je me suis retourné vers l’éleveur après la remarque de sa femme pour lui demander s’il avait noté la même chose, il m’a répondu d’un grognement affirmatif et d’un signe de tête. Mais « on ne dit pas ces choses-là… »

Pour travailler avec les animaux, nous devons laisser résonner en nous, ce type de sentiment, ces impressions, sans barrière psychologique.

L’empathie est souvent un sentiment à double sens. L’histoire de L. et de son cheval me l’a appris avec émotion.

Vicomte est un cheval, selle français de 5 ans. Depuis décembre 2013 (7 mois auparavant) environ, il a un sarcoïde très important sur le jarret gauche. C’est une tumeur cutanée bénigne, mais pouvant devenir si grosse et multiple qu’elle compromet l’avenir de l’animal. Cela a commencé comme une petite verrue comme celle qu’il a sous l’encolure : une verrue plate, et une autre sur l’antérieur droit.

« Je l’ai acheté à 6 mois. A 2 ans il a été placé chez quelqu’un qui faisait de l’éthologie. Il a été castré à 19 mois.

L’année suivante, il a eu peur suite à un coup de canon à oiseau, il a sauté les clôtures et s’est fait une plaie à l’épaule droite. La cicatrisation a été longue.

Il a été débourré très facilement (lui apprendre le langage de l’équitation), aucun problème.

En van : il voyage très bien, monte sans problème.

Il a fait une petite colique à 1 an suite à la mise à l’herbe.

Il est froid dans sa tête : ne s’affole pas facilement

Il est très proche de l’homme, voire trop : collant. Très joueur, très dépendant de moi.

Au travail : très réactif, il engage fort, voire trop : il se touche les antérieurs avec les postérieurs et se blessent les glomes. Mais il travaille sans s’énerver, il pousse vraiment fort.

Il n’a jamais mis un coup de cul, rien, s’il a peur, éventuellement, il s’arrête.

Par rapport aux autres, il est soumis, pas dominant du tout, même avec le poney shetland.

La 1ère verrue est apparue au même endroit que la blessure à l’épaule, deux  ans après.

Le vent le fatigue, ça le met à plat.

Il est jaloux : si j’entre dans le pré et que je caresse d’abord le poney, il s’en va, il boude. »

Thèmes du vent:-Généralités, temps, venteux et orageux

-Généralités, vent

-Psychisme, sensible, au vent

Excroissances : -Peau, excroissances

-Peau, excroissances, fungus

-Peau, excroissances, condylomes, avec saignement

Psychisme, Impétueux

Psychisme, Affectueux

J’ai d’abord prescris Phosphorus 30 ch

Résultat nul, aucun changement.

C’est en reprenant le cas, et en posant des questions plus précises sur l’empathie de Vicomte, que sont arrivés des informations plus intimes liées à la maladie de L. Cet échange a eu lieu par téléphone, ce qui a peut-être aider L. à se livrer.

-Pouvez-vous m’en dire plus sur son côté collant dépendant ?

(silence)

« – J’ai une affection neurologique (sclérose en plaque) : quand j’ai mal aux jambes, je ne supporte pas d’être touchée, même le poids des vêtements est douloureux. Dans ces cas-là, il le sent, au lieu d’arriver à fond galop du pré comme d’habitude, il vient vers moi tête baissée : regarde tout de suite mes jambes, viens les renifler et pose son nez dessus tout doucement.

– D’autres exemples ?

(silence)

-Et avec le jet d’eau, je peux l’arroser n’importe où, il s’en fout, sauf sur les zones qui correspondent aux zones de douleur chez moi.

-C’est à dire?

-Quand j’ai mal il ne supporte pas que je l’arrose à l’arrière de sa jambe postérieure, comme moi le long du mollet. »

Vicomte ressentirait les douleurs de L., au point de les ressentir lui-même ?…

Thèmes de la dépendance et de la relation avec elle :

-Psychisme, Exclusif, trop

-Psychisme, Dépendant, des autres

-Psychisme, Compatissant

-Psychisme, Bienveillant

-Psychisme, clairvoyance

Vicomte  alors reçu carcinisinum en 200k environ 1 fois par mois. Voici le résultat sur 8 mois d’évolution :

 

 

L’évolution de la relation entre L. et Vicomte est elle aussi très intéressante : « Avant, il ne se posait que quand il était à côté de moi. Il y avait la crainte de me faire mal. J’ai vu le sarcoïde se couper en 4 et s’écarter. Puis la racine a diminué, et lui (Vicomte) s’est posé.

Il vit sa vie de cheval maintenant, il est moins empathique même si ça reste son fond. Il est à l’écoute au boulot et ne s’affole pas.

J’ai retrouvé le cheval que j’ai connu au début. »

 

CARCINOSINUM : L’INCARCERE

Voici ma vision de ce remède avec en italique les symptômes de la matière médicale.

 Carcinosinum est un nosode. C’est à dire qu’il est préparé à partir d’un tissu pathologique, comme tuberculinum pour la tuberculose, psorinum pour la gâle, medorrhinum pour la blennorragie, ou luesinum pour la syphillis.

Dans ce cas, le remède à l’origine fût fabriqué à partir d’une lésion de cancer du sein. D’autres souches ont ensuite été utilisées, à partir de cancer de l’estomac, du poumon, de la vessie et des intestins.

 

Ce tissu est donc celui d’une histoire pathologique, il est le révélateur d’une souffrance. Fabriquer un remède homéopathique à partir de cela me semble une démarche différente que de le faire à partir d’un minéral, d’un végétal, ou d’un animal. Un nosode correspond à la souffrance d’un corps, à une étape de vie. A la transformation du corps par la maladie. Pas n’importe quelle maladie, dans le cas de carcinosinum, puisqu’il s’agit du cancer.

 

C’est peut-être pour cela que carcinosinum est indiqué notamment, quand 2 ou 3 remèdes semblent nécessaires pour « couvrir » le cas. Quand la maladie a « envahi » l’individu, la personnalité de celui-ci. Ses symptômes propres sont masqués par le cancer et ses souffrances. Comme si deux forces contradictoires se battaient au sein de ce corps. Les symptômes de Carc. sont très mobiles et alternants. Ils changent continuellement, à l’image de ses goûts et envies pour un aliment par exemple, qui d’un moment à l’autre passent du désir au dégoût.

 

Il y a chez Carc. des antécédents familiaux: tuberculose, tumeurs, cancers, diabète…et des antécédents personnels: histoires de problèmes respiratoires, allergies, problèmes rhino-pharyngés, suites de vaccinations.

Pour comprendre la dynamique pathologique de Carc. , il faut revenir à la lésion cancéreuse.

Qu’est-ce qu’un cancer ? Les cellules de notre corps se spécialisent dans une fonction au cours de l’embryogénèse, la construction de ce corps : elles ont toutes le même ADN, le même code, pourtant, certaines seront des cellules hépatiques, d’autres intestinales ou musculaires. La première phase du cancer est une dédifférenciation. Un retour en arrière de la cellule. Un retour à l’origine, à une omnipotence, un temps où tout était encore possible : la cellule pouvait devenir : muscle, neurone, peau, foie, poumon, etc…Dans cette première période du cancer, elles perdent cette capacité spécifique, pour redevenir une quasi-cellule embryonnaire. Puis cette dédifférenciation devient multiplication anarchique, le processus s’emballe, la lésion grossit, se dissémine, envahit d’autres organes et le corps jusqu’à la mort.

Revenons à l’étude du remède homéopathique carcinosinum. L’étiologie principale chez carcinosinum est celle d’une éducation trop rigide, d’un carcan subi. Des suites d’une domination prolongée, de coups, d’abus, de violences, de peines ou de souffrances prolongées, de viol. Chez nos animaux, ce contexte se retrouve fréquemment lors de dressages violents, de maltraitances, ou de conditionnements. Ce peut-être aussi, au contraire, un contexte de surprotection.

Cette « éducation » rigide va engendrer un sens excessif du devoir, avec un aspect sacrificiel. Carc n’ose pas grandir : c’est un remède de retard de croissance, de nanisme infantile, d’enfants trop sérieux, précoce ou au contraire retardé, trisomique. Comme le disait Michel Zala : « Les patients carcinosinum, comme les cellules cancéreuses, ne peuvent se différencier : se sentant trop liées à leur « cellule familiale ». »

Alors, il se « dédifférencie », veut être comme l’autre, être l’autre, se mettre à sa place. C’est la définition même de l’empathie. Le « sympathetic » des anglo-saxons, cette rubrique du répertoire est fondamentale dans la problématique de carcinosinum. Il ressent profondément la souffrance de l’autre, a peur pour ses proches. C’est un hypersensible, très impressionnable, susceptible, sensible au moindre reproche, à la moindre réprimande. Carc est un grand remède d’anxiété par anticipation : avant un examen, un concours. Il est anxieux avant, et a peur après ; c’est un des remèdes de suites de peurs.

Il est sensible à la musique, à la danse. Cet affectueux, trop sensible, est bien sûr jaloux : il est dans une très grande dépendance affective. Marc Brunson résume carcinosinum par ces mots : « que serais-je sans toi ? »                                         Mais il reste qu’il n’ose pas, ce n’est pas un jaloux violent comme Lachésis, il est stoïque et comme natrum muriaticum, il est aggravé par la consolation. Il est incarcéré dans sa prison de douleur.

Cette hypersensibilité pour l’autre peut se révéler chez nos animaux par des comportements étonnants : comme ces chiens qui se mettent à attendre leur maitre derrière la porte un quart d’heure avant son arrivée, même quand ces retours sont irréguliers. Ou ce cheval qui « ressent » quand sa cavalière souffre de douleurs neuro-musculaires.

Il va développer des peurs : du monde, de la foule, mais en recherchant quand même la compagnie. Il peut aussi être claustrophobe: la tumeur « veut » de l’espace pour se développer…

Il est sensible également à l’ « environnement météo » : aux variations de températures, il aime l’air marin, et tout en ayant peur de l’orage, il aime regarder les éclairs.

Apres cette phase de dédifférenciation vient donc la phase de multiplication cellulaire explosive et anarchique : carcinosinum est un hyperactif !

C’est un maniaque, pointilleux, très regardant sur la propreté. Il est obstiné, un acharné dans son travail, il va jusqu’au bout de ce qu’il peut. C’est aussi une façon de réagir à son anxiété : il doit tout prévoir, tout contrôler.

Cette hyperactivité peut se traduire sur le plan comportemental par des tics (clignement des paupières), des stéréotypies (se ronge les ongles, tics de l’ours ou à l’appui pour les chevaux…).Sur le plan physique, ce sera des « hyperproductions » : tumeurs, cancers, pilosité excessive, verrues, mélanomes,  épithélioma, taches brunes, grains de beauté, formation de chéloïdes.

Carcinosinum est décrit par des homéopathes, notamment depuis l’analyse de Michel Zalla, comme des patients prisonniers des mots qu’ils n’osent prononcer : « Car-si-n’ose-nie-homme ».  Ils se sentent le bouc émissaire, chargé d’expier l’implacable malédiction qui pèse sur la famille depuis plusieurs générations. On retrouve ici le thème des antécédents familiaux.

Un symptôme typique : la coloration bleuâtre des sclérotiques, en particulier chez les enfants. Ce symptôme peut être le signe de l’ostéogénèse imparfaite, ou maladies des os de verres. D’origine congénitale, c’est un défaut d’élaboration des fibres de collagène du tissu conjonctif qui forme la trame osseuse. Cette maladie engendre des troubles de croissance, les personnes atteintes sont donc le plus souvent de très petite taille. On retrouve là encore, les thèmes de l’hérédité et des difficultés de croissance.

Comment grandir avec un passé qui vous charge ainsi ! Les excroissances de carcinisinum sont des « ex »-croissances. Carcinosinum grandit à travers les autres, à travers les générations passées, et il prend toutes les souffrances qui l’entourent.

 

 

L’histoire de L. et Vicomte raconte l’expérience d’une relation extraordinaire. Vicomte a été pris d’un tel amour pour elle, qu’il a voulu « prendre la douleur de L. ». La prendre symboliquement et physiquement. Voilà une vraie connexion entre deux individus, et celle-ci ne passe par aucun outil technologique moderne mais par un amour fusionnel, par une empathie totale et magnifique.

 

Carcinosinum est « officiellement » interdit en France et ne peut être commandé qu’à l’étranger, en Angleterre, en Suisse ou en Belgique. Quelle réglementation peut légitimement faire  perdre des chances  de guérison à des patients en rendant indisponible un remède au prétexte qu’il pourrait « représenté un danger », dont elle explique par ailleurs, qu’il ne peut être efficace « puisqu’il n’y a rien dedans » ?

Voilà une des contradictions dans lesquelles nos législateurs n’hésitent pas à verser pour entraver l’homéopathie. Les récents évènements de ce printemps sont un nouvel épisode de cette croisade. Dans le milieu de la pharmacie vétérinaire, le lobbying est de plus en plus virulent pour faire interdire l’usage de l’homéopathie, l’aromathérapie et la phytothérapie. Pourtant, nos éleveurs, sont, eux, de plus en plus demandeurs d’homéopathie au regard des résultats obtenus, et de l’absence de résidus médicamenteux qu’elle engendre. La société sera-t-elle consciente des enjeux en cours ?

Attaque contre l’homéopathie: Appel relayé par le journal: le figaro, à interdire l’homéopathie

 

 

Voici le contenu de l’article paru dans le Figaro le 19/03/18. Ce texte est tellement exemplaire que je vous le retranscris in extenso. Vous y trouverez tout ce qui caractérise une partie de ceux qui croient détenir la vérité absolue et surtout, se sentent investis d’une mission épuratrice: Arrogance, insulte, mépris, mensonge, autoritarisme, etc…Ce ne serait pas si grave si ceci n’était le symptôme d’une attaque, plus globale, initiée depuis déjà un certain temps au plan national , mais aussi européen, par des lobbys autrement plus puissants que ces croisés d’une science aveugle. Il y a quelques mois, un texte tout aussi magnifique d’un journaliste du Washington Post disait à peu près ceci: » Nous avons interdit à nos médecins de prescrire de l’homéopathie, nous avons expliqué par toutes les voies possibles que cette pseudo-médecine n’était que superstition et inefficacité. Malgré cela de plus en plus de patients font appel à l’homéopathie! Il est donc grand temps aujourd’hui de faire interdire la production et la distribution de médicaments homéopathiques sur notre sol !! »

Rompez!!

Voici le texte paru dans le Figaro annoté de quelques remarques personnelles en violet:

 

Le serment d’Hippocrate est l’un des plus anciens engagements éthiques connus. Il exige du médecin d’offrir les meilleurs soins possibles et de la façon la plus honnête.

Ces deux exigences lui imposent de chercher sans cesse à améliorer ses connaissances, et d’informer ceux qui font appel à ses soins sur ce qu’il peut raisonnablement proposer, ainsi que sur ce qui est inutile ou contre-indiqué.

Il est facile et valorisant d’afficher son savoir. Il est bien plus difficile d’expliquer et d’accepter ses limites. La tentation peut alors être grande de pratiquer des soins sans aucun fondement scientifique.
Cette tentation a toujours existé. Elle a été, et est toujours, nourrie par des charlatans (quelques centaines de milliers de médecins, vétérinaires et maintenant agronomes dans le monde) en tout genre qui recherchent la caution morale du titre de médecin pour faire la promotion de fausses thérapies à l’efficacité illusoire.

L’obligation d’honnêteté est inscrite dans les Codes de déontologie des professions médicales et le Code de la Santé Publique (article 39 du code de déontologie, article R.4127-39 du code de la Santé Publique) :

  • Ils interdisent le charlatanisme et la tromperie, imposent de ne prescrire et distribuer que des traitements éprouvés. Ils proscrivent aussi l’usage de remèdes secrets ou ne mentionnant pas clairement les substances qu’ils contiennent.
  • Le Conseil de l’Ordre des Médecins est chargé de veiller à ce que ses membres n’utilisent pas leur titre pour promouvoir des pratiques dont la science n’a jamais pu prouver l’utilité, voire qui présentent une certaine dangerosité. Il doit veiller à ce que les médecins ne deviennent pas les représentants de commerce d’industries peu scrupuleuses. Il doit sanctionner ceux ayant perdu de vue l’éthique de leur exercice.

 

Pourtant en 2018, l’Ordre des Médecins tolère des pratiques en désaccord avec son propre code de déontologie et les pouvoirs publics organisent voire participent au financement de certaines de ces pratiques.

Face à des pratiques de plus en plus nombreuses et ésotériques, et à la défiance grandissante du public vis-à-vis de la médecine scientifique, nous nous devions de réagir avec force et vigueur.

L’homéopathie, comme les autres pratiques qualifiées de « médecines alternatives », n’est en rien scientifique. Ces pratiques sont basées sur des croyances promettant une guérison miraculeuse et sans risques. En septembre 2017, le Conseil scientifique des Académies des Sciences Européennes a publié un rapport confirmant l’absence de preuves de l’efficacité de l’homéopathie. Dans la plupart des pays développés (ils parlent là d’états américains et canadiens), les médecins se voient interdire de prescrire des produits homéopathiques. (Il est intéressant de se représenter une carte des pays où l’homéopathie risque l’interdiction, et des pays où au contraire elle se développe: Inde, Afrique, Amérique du Sud…et d’en tirer quelques conclusions d’ordre économiques)

Les thérapies dites « alternatives » sont inefficaces au-delà de l’effet placebo, et n’en sont pas moins dangereuses.

  • Dangereuses, car elles soignent l’inutile en surmédicalisant la population et en donnant l’illusion que toute situation peut se régler avec un « traitement».
  • Dangereuses, car elles alimentent et s’appuient sur une défiance de fond vis-à-vis de la médecine conventionnelle comme le montrent les polémiques injustifiées sur les vaccins.(Et hop, on mélange les débats…)
  • Dangereuses enfin, car leur usage retarde des diagnostics et des traitements nécessaires avec parfois des conséquences dramatiques, notamment dans la prise en charge de pathologies lourdes comme les cancers.(Cancer, le mot qu’il faut utiliser à tout prix dans ce type de texte. Le film du Dr Suerinck dont je vous ai mis la bande annonce sur le site montre la coopération d’un oncologue et d’un homéopathe…)

Ces pratiques sont également coûteuses pour les finances publiques.

  • Des formations sont assurées dans des structures recevant de l’argent public. Des consultations sont ouvertes dans des hôpitaux, aux dépens d’autres services (ah bon!!!On aimerait savoir où? ça nous intéresse!). Certains de ces traitements sont pris en charge par l’assurance maladie largement déficitaire.
  • Ainsi, les produits homéopathiques peuvent être remboursés à 30 % (et jusqu’à 90 % en Alsace-Moselle) avec un statut dérogatoire les dispensant de prouver leur efficacité. ( L’homéopathie, comme responsable du trou de la sécurité sociale, il fallait y penser!)
  • Ceci finance une industrie prospère dont les représentants n’hésitent pas à insulter gravement ceux qui les critiquent (« Il y a un Ku Klux Klan contre l’homéopathie » accusait le président du leader mondial du secteur, Christian Boiron, dans le journal Le Progrès du 15 juillet 2016) ou à balayer d’un revers de main les exigences de preuves scientifiques.

De ces pratiques qui ne sont ni scientifiques, ni éthiques, mais bien irrationnelles et dangereuses, nous souhaitons nous désolidariser totalement.

Nous demandons instamment au Conseil de l’Ordre des Médecins et aux pouvoirs publics de tout mettre en oeuvre pour :

  • Ne plus autoriser à faire état de leur titre les médecins ou professionnels de santé qui continuent à les promouvoir.
  • Ne plus reconnaître d’une quelconque manière les diplômes d’homéopathie, de mésothérapie ou d’acupuncture comme des diplômes ou qualifications médicales.
  • Ne plus faire produire en Faculté de Médecine ou dans les établissements de formation de santé, des diplômes appuyés sur des pratiques dont l’efficacité n’aura pas été scientifiquement démontrée.
  • Ne plus rembourser par les cotisations sociales les soins, médicaments ou traitements issus de disciplines refusant leur évaluation scientifique rigoureuse.
  • Encourager les démarches d’information sur la nature des thérapies alternatives, leurs effets délétères, et leur efficacité réelle.
  • Exiger de l’ensemble des soignants qu’ils respectent la déontologie de leur profession, en refusant de donner des traitements inutiles ou inefficaces, en proposant des soins en accord avec les recommandations des sociétés savantes et les données les plus récentes de la science, en faisant preuve de pédagogie et d’honnêteté envers leurs patients et en proposant une écoute bienveillante.

 

Voilà, voilà! Pour ceux qui désirent réagir à ce texte, je précise qu’ils peuvent le signer sur le site internet, avec un pseudo, et en indiquant la profession que vous désirez sans preuve aucune. Il y a même un petit malin de nos amis qui a réussi en signant du nom de Docteur Borné Kisétou, profession: grand marabout, et c’est passé!! Comme quoi, nous sommes devant une démarche d’une « rigueur toute scientifique… »

Sinon, je vous joins la réaction de l’association Pure Santé ci-dessous.

Vous pouvez également partager ce petit texte sans modération…

Menace sur l’homéopathie : maintenant, ils mordent !

Chère lectrice, cher lecteur,
>
> Notre pétition pour la sauvegarde de l’homéopathie a pris une ampleur nationale !!!
>
> Nous avons atteint les 200 000 signatures de soutien alors que cette thérapie douce, qui se fonde sur plusieurs siècles d’expériences et de succès, est aujourd’hui dans le viseur des autorités de santé, qui veulent la dérembourser [1].
>
> C’est du JAMAIS VU !
>
> Bien sûr, je voulais dire un GRAND MERCI à ceux qui ont signé la pétition. Ceux qui ne l’ont pas encore fait peuvent ajouter leur nom ici.
>
> Mais si je vous écris aujourd’hui, c’est pour vous dire que les chiens de garde du médicalement correct n’ont pas du tout aimé notre initiative.
>
> Alors qu’ils pensaient réussir leur coup dans la plus grande discrétion, et obtenir tranquillement, entre eux, le déremboursement de l’homéopathie, notre pétition les a forcés à se réveiller.
>
> Et maintenant, ils mordent !
>
> 124 médecins et professionnels de santé ont ainsi publié lundi 19 mars dans le quotidien Le Figaro une tribune d’une violence inégalée contre l’homéopathie et la liberté thérapeutique [2].
>
> Aucune preuve, aucun argument, uniquement des attaques en règle.
>
> « L’homéopathie, écrivent-ils, n’est en rien scientifique. Elle est basée sur des croyances promettant une guérison miraculeuse et sans risque ».
>
> Les 20 millions de Français qui l’utilisent avec succès dans leur pratique de soin, contre l’asthme, l’eczéma, une angine, un rhume, des règles douloureuses, mais aussi pour lutter contre des maladies beaucoup plus graves ou handicapantes comme le stress chronique, l’anxiété, les troubles du sommeil ou certains états dépressifs sévères, sont donc tous des imbéciles
>
> Et ils sont priés de revoir leurs « croyances ».
>
> D’autant que nos cerbères l’affirment : l’homéopathie est « dangereuse et coûteuse pour les finances publiques ».
>
> Là non plus ils n’apportent aucune preuve de ce qu’ils disent.
>
> Et on leur signalera au passage que l’étude EPI a montré au contraire qu’un patient qui consulte un médecin homéopathe coûte…35 % de moins à l’assurance maladie (consultation et prescription comprises).
>

Le visage d’Hippocrate en 2018

Mais tout ceci ne compte pas à leurs yeux.
>
> Ce sont eux et eux seuls, les 124 signataires de l’appel contre l’homéopathie, qui détiennent la vérité [3].
>
> Et voici ce qu’ils exigent :
>

  • La non-reconnaissance des diplômes d’homéopathie ;
    >
    >
  • Le dé-remboursement de l’homéopathie ;
    >
    >
  • L’interdiction faire aux médecins qui pratiquent l’homéopathie de faire état de leur titre !!
    >
    >

Voilà donc l’esprit d’Hippocrate [4] version 2018 en France :
>
>

> Et pourquoi pas directement la prison ferme ou un camp de rééducation pour tout médecin qui oserait conseiller l’homéopathie ?
>
> Ou plus simple, une humiliation publique en pleine rue, avec l’obligation de se promener avec un panneau autour du cou « Je suis homéopathe ; j’ai trahi mon serment de médecin » ?
>
> Mais trêve de plaisanterie.
>
> Maintenant, mesdames et messieurs les Chiens de Garde du médicalement correct, j’ai envie de vous dire :
>
>

ÇA SUFFIT !

VOUS NE NOUS FAITES PAS PEUR !

> Malgré vos injonctions, malgré vos menaces, malgré vos mensonges, nous entendons rester libres de nos choix thérapeutiques.
>
> Libre de discuter avec notre médecin des options qui sont les bonnes pour nous.
>
> Patients, malades ou en bonne santé, nous sommes les capitaines de nos vies et non pas des pantins livrés à vos certitudes, dont on voit jour après jour, scandale sanitaire après scandale sanitaire, où elles conduisent.
>
> Contrairement à des dizaines de médicaments qui ont passé haut la main les tests de la pharmacologie moderne et se sont révélés des tueurs de masse, Nux Vomica n’a jamais tué personne !
>
> Est-ce si gênant ?
>
> Pour finir, c’est à vous, chers lecteurs de PureSanté que je m’adresse.
>
> Je dois avouer qu’en lançant cette grande pétition de soutien à l’homéopathie, je m’attendais bien sûr à rencontrer une certaine opposition. Mais je l’espérais constructive, nourrie de dialogue et d’une argumentation déployée dans le seul intérêt des patients.
>
> Ce n’est pas le cas. Les thérapies alternatives comme l’homéopathie gênent trop d’intérêts. On voit que la décision a été prise de les éradiquer.
> C’est pourquoi je vous le redis : il faut montrer notre détermination ABSOLUE à défendre notre liberté thérapeutique.
> Nous avons recueilli 200 000 signatures.
> C’est le premier pas d’une course qui sera longue. 500 000. Un million…Plus ? Il faut l’espérer.
> Alors signez vite notre grande pétition de soutien à l’homéopathie et transférez cet appel à vos proches.

Cliquez ici pour signer la pétition

 

 

Le film: « L’homéopathie, une autre voie »

Je suis heureux de vous présenter la bande annonce du film réalisé par mon ami William Suerinck:

https://youtu.be/uHKB3ROgJzo

L’aventure continue, le montage est en cours !
Nous espérons prochainement vous donnez rendez vous pour la première diffusion courant septembre et nous poursuivons notre recherche de diffuseurs.
Avec tous nos remerciements pour votre magnifique soutien,
l’équipe de l’ADPS

Prochaines formations

30 janvier: Ribiers (Hautes Alpes) , groupe éliose

2 Février: Initiation à Lamastre (07)

20-21 Mars: Jalogny (Saône et Loire), perfectionnement ,  contact: Florence Lardet

27 Mars: Ribiers (Hautes Alpes) , groupe éliose

28-29 Mars: Gap (Hautes Alpes), Chambre d’agriculture, Initiation. Contact: Patrick Quinquet

20 Avril: Millau (Aveyron), perfectionnement, AVEM, contact: Bérénice Hezberg

23-24 Avril: Gap, ADFPA, initiation. Contact: Mickael Pereira

25-26 Avril: Gap, ADFPA et Chambre d’agriculture, perfectionnement. Contact: Mickael Pereira ou Patrick Quinquet

27 Avril: Ribiers (Hautes Alpes) , groupe éliose